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J'étais thuriféraire


J’étais « thuriféraire » !


Les « Mémoires iconoclastes » de Jacques Pirenne sont évidemment bien lues par les anciens qui ont vécu cette époque. C’est ainsi que Joseph vdV, rhéto de 58 , nous a contactés pour donner les précisions que voici…
Chers amis,

Quand Georges Pirenne a quitté Saint-Roch, j’étais en 5ième latine (titulaire : abbé Nicolas) et j’ai vécu, avec mes condisciples, l’atmosphère surannée d’une institution rigoureuse. Nos conditions d’étude et de vie correspondaient à l’austérité exigée dans un « Petit Séminaire ». Une éducation autoritaire et une instruction qui n’acceptait aucune contestation. Par rapport à nos jours, nous sommes peut-être passé d’un excès à l’autre. De mon séjour à Saint-Roch j’ai pris soin de ne conserver que les souvenirs les meilleurs et essayé de cultiver vertus les plus humanistes. Parmi ces souvenirs, ma fonction de « thuriféraire » de 1956 à 1958. Le « thuriféraire » n’est pas le chef des acolytes comme l’écrit Jacques Pirenne, mais celui qui porte et utilise l’encensoir. Les acolytes formaient ce que l’on appelait le « Bouquet » dirigé fermement par l’abbé Vroom. Les répétitions étaient annoncées sur le tableau noir situé dans le cloître par un laconique « Ce soir Bouquet ». Le chef des acolytes tenait une petite crosse dans la main droite. Il était chargé de veiller au bon déroulement de la cérémonie. Comme thuriféraire je me tenais à la droite du chef, Bernard Leyh en l’occurrence. Bernard est décédé cette année, je me souviens qu’il tenait son rôle avec souplesse et peut-être un brin d’humour. C’était un « chic type ». A ma droite se tenait le « porte navette » chargé de tenir la navette contenant l’encens. Le thuriféraire devait veiller à ce que son instrument soit toujours prêt à fumer au bon moment. Pour ce faire il devait veiller à ce que le charbon de bois reste ardent en l’oxygénant par de grands mouvement pendulaires (sans toucher ses voisins) ou en soufflant discrètement sur les braises. J’ai oublié le nom que portait le chef des acolytes. Qui s’en souvient ? Par contre je sais pourquoi le médecin de Saint-Roch était surnommé « Cacu » ; il ne savait pas articuler les « t » et au lieu de dire à son patient « Qu’as-tu ? », il disait « Qu’as-cu ? ».

Joseph van der Vleugel (rhéto 58)

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