Saint-Roch Ferrières Saint-Roch Ferrières Photo Saint-Roch Ferrières

Echos Mars 2010

Les Echos "papier" auront trouvé la voie des chaumières et de leur ambiance chaleureuse, depuis quelques semaines déjà...Voici un aperçu de nos 24 pages ! N'hésitez pas à nous contacter !

Jacques Deroanne…
Jacques ?
De fait ! Vous l’aurez voulu…Vox populi, vox Dei…A force de l’appeler « Jimmy », vous, ses collègues, amis, élèves, directeurs, parents même…vous l’aurez voulu, votre « Jacques » !
Les Germanistes vous ont vainement dit (dans toutes les langues) que Jimmy est, en anglais, le diminutif affectif de James, donc…Jacques, rien n’y fit ! Jimmy à l’intro…Jimmy à l’exit !

Notez que Jacques Deroanne, ou Jacques de Roanne, au noble toponyme, nous, cela nous plaît et cela lui sied comme au seigneur qu’il est et fut ! Prévenant, serviable, avenant, rigoureux, juste, combatif et puis si dévoué à vous, ses collègues, amis, élèves, directeurs et parents, bien évidemment .
Avec humour et rire entendu il a dû se dire que voguer d’une lingua franca, celle qu’il a enseignée, à l’autre, empruntée grâce à ce vocatif
« Jimmy », c’était sa manière habile à lui, de régler la querelle des Anciens et des Modernes !

Allons ! Soyons beaux joueurs ! On vous le rend votre Jean-Marie puisqu’il a l’air de vous laisser orphelins. Mieux ! Et vous ne perdez rien au change; nul autre que sir Richard, Himself lui consacre sa fine plume depuis son lointain Canada…une délectable Bodeï laudatio, donc avant notre édition de juin et l’hommage du doctorant Pierre Assenmaker, (rh 2001) son ancien disciple (à Jimmy) !

Quand j’ai quitté Saint-Roch, le siècle dernier, j’ai laissé un Deroanne fringant quadragénaire, toujours sur la brèche, farouche défenseur du grec et du latin, pour le reste, impeccablement droit comme un i, dans ses bottes d’honnête homme. J’ai peine à l’imaginer aujourd’hui chaussant des charentaises, essoufflé, décati, peut-être cacochyme, bref, prenant à regret une retraite sinistre et laissant de mauvais gré à quelque gringalet le soin de mal défendre, à sa place, Virgile ou Démosthène. Non, je me refuse à cette vision d’horreur. Je préfère celle, diablement plus charmante, d’un bonhomme grisonnant, qui se sent touché par l’âge comme d’autres par la Grâce, qui s’invente pieusement un avenir sous couleur de nouvel apostolat et se promet en secret quelques heures gaillardes, dans l’illusion d’avoir enfin toutes sortes de licences, interdites jusque là. Quel réconfort de reporter à plus tard ses amertumes! La longévité, commune de nos jours, permet de renouer longtemps avec l’enfance, comme après la brève parenthèse d’une carrière qui, même rabougrie, procure la bonne conscience de mériter pleinement les faveurs d’un troisième âge sans obligations. Richard Bodéüs

Quand la jeunesse forme ses voyages…

Notre rubrique « expat. » après Jean-Benoît (rh 94) et Pierre Nisin (rh 96) Alex Wonner (rh 81) Bruno Jans (rh 89), se concentrera cette fois sur les étudiants Erasmus…
Après Valentine Defraigne-Peigneur (rh 04) à Séville et avant Audrey Paligot (rh 2007) en juin que nous suivrons au Danemark, nous écoutons cette fois France-Elodie Collette de cette même rhéto, étudiante en 3è Bac HEC. France est la fille de Georges (rh 78) et la sœur d’Audric (rh) ; elle nous parle de son choix : le Mexique !


Quand la jeunesse forme ses voyages…

Notre rubrique « expat. » après Jean-Benoît (rh 94) et Pierre Nisin (rh 96) Alex Wonner (rh 81) Bruno Jans (rh 89), se concentrera cette fois sur les étudiants Erasmus…
Après Valentine Defraigne-Peigneur (rh 04) à Séville et avant Audrey Paligot (rh 2007) en juin que nous suivrons au Danemark, nous écoutons cette fois France-Elodie Collette de cette même rhéto, étudiante en 3è Bac HEC. France est la fille de Georges (rh 78) et la sœur d’Audric (rh) ; elle nous parle de son choix : le Mexique !

A chaud…les premières impressions !
La chaleur, justement ! 40°C chaque jour et une climatisation bienvenue . Mais l’on s’habitue à tout et vers la fin du séjour, à 30° il y avait comme une impression de froid ! Comme quoi !

Et puis, pêle-mêle, l’accueil et l’ouverture, la beauté, les inévitables différences pour en arriver, finalement au constat très rassurant du bon niveau des études en…Belgique !

Va pour le pêle-mêle !

Erasmus est un projet merveilleux où des hôtes accueillants, une infrastructure et un programme bien conçus, ont tôt fait de nous habiller, nous, en ambassadeurs avenants.
Pas de repli sur soi non plus ; l’on vit en communauté, met en veilleuse son individualisme et ses petites habitudes, partage plus et apprend par l’expérience, directement. Le choix des cours, l’importance des crédits, le « flair » et surtout l’envie d’allier un maximum de « formation » avec tout ce que l’on peut enregistrer comme « impressions durables » de cette destination exotique…voilà qui vous apporte beaucoup de maturité.
La formule, de plus, offre une merveilleuse opportunité pour la mise en pratique des langues. Des étudiants du monde entier y convergent, l’anglais est le …must et les Mexicains ont tous leurs films en version originale, sous-titrée. Quelle meilleure occasion, pour moi d’écouter en anglais et de lire en espagnol ! Ce serait vite une assuétude !


Quentin de Coster, rh 08

Très tôt intéressé par l’art, et plus particulièrement par l’objet, je décide de m’orienter vers des études de design industriel à l’ESA Saint-Luc Liège en 2008.
Ayant des références, des modèles mais surtout énormément d’attentes, je me suis vu un peu déçu par la vision trop pragmatique de l’école vis à vis du «Design».
Ce domaine étant en pleine (r)évolution, il est difficile d’être en accord avec toutes les approches. Ce qui m’a le plus intéressé dans cette première, c’était de pouvoir évoluer au côté d’artistes motivants qui vivent leur art, tels le designer Michaël Bihain (http://www.bihain.com/) ou encore l’artiste Jacqueline Colmant (http://www.jcolmant.be/Index.html).
Actuellement en deuxième année, je commence à dessiner les contours d’une philosophie qui oriente toutes mes créations.

Pierre Houssa, rh 00

Que de choses à raconter depuis mon départ de Saint-Roch en juin 2000 !
Pour faire court, je travaille actuellement pour une ASBL comme Animateur-Coordinateur de Espaces Public Numérique (EPN) d’Ourthe-Amblève.
Je vis à Grivegnée, au-dessus de Liège, depuis deux ans avec ma compagne, Jessica Mairesse.

Après avoir quitté Saint-Roch, j’ai fréquenté les bancs de l’université de Liège pendant deux ans, dans la section gestion. J’ai, ensuite changé de cap pour terminer un graduat en communication à la Haute Ecole Léon Eli Troclet.

Au cours de ces dix dernières années, je n’ai pas perdu de vue mon ancienne école secondaire. J’y suis revenu plusieurs fois, pendant l’été, pour travailler comme étudiant pour le CERAN et lors de la signature de mon contrat pour mon emploi actuel.

Mes six années à Saint-Roch sont remplies de souvenirs, tant à l’externat qu’à l’internat.
Comme beaucoup, j’étais impressionné et un peu perdu lors de mon premier soir à l’internat.
Il a fallu s’adapter aux horaires de la journée et du soir, trouver son chemin dans le dédale des couloirs, se rappeler où se trouve sa chambre et sa table au réfectoire, se « battre » pour aller chercher le plateau pour le souper, se mettre à l’abri lors des batailles de sucres,…

Frédéric Renette, rh 90

Voilà déjà presque vingt ans, je franchissais pour la dernière fois le porche de St-Roch, un bail. Mais que de souvenirs encore en tête … La rhéto reste ma meilleure année avec en apothéose le voyage en ex-Yougoslavie sur l’île de Mali Losinj. J’ai même retrouvé une photo du groupe !
Que de souvenirs que je ne puis vous relater, si ce n’est la convocation par M. Halin lors de notre retour afin d’avoir quelques explications quant à notre côté festif rapporté par une école de Charleroi que nous avions croisée là-bas … Nous avons été convaincants, le différend fut vite aplani.

L’aventure s’est ensuite prolongée pour moi comme pour une dizaine de Saint-Rochis de la promo 90 à Louvain-La-Neuve. L’esprit « Saint Roch » étant toujours bien présent, toutes les fêtes estudiantines, à Liège ou à Louvain étaient prétexte à se retrouver entre Saint-Rochis avec pennes ou calottes !

Ce que je retiens surtout de ces années d’études, ces sont les rencontres et liens qui se sont tissés. Sans surprise, nous nous voyons régulièrement entre Hamoiriens autour d’une bonne table avec Laurent et Michaël ainsi que Fred Lecarte qui est toujours actif au collège. Mais aussi Jean-Luc que j’ai appris à connaître non pas à Saint-Roch, mais à Louvain, ou encore Yves toujours accroc à son saxophone qui joue dans le même groupe que mon épouse.

Manu Tromme, rh 80

Les plus belles années de ma vie ! C’est peut-être un peu réducteur mais ce n’est pas loin de la vérité. Mon premier souvenir de Saint-Roch est un peu tristounet. Je devais avoir huit ou neuf ans et je venais, accompagné de mes sœurs et de mes parents, conduire mon frère Benoît, un dimanche soir de septembre, dans un grand bâtiment sombre et froid dans lequel je me jurais secrètement de ne jamais poser ni mallette ni valise. Quelques années plus tard, pourtant, c’est ce que je fis. Sans me douter un seul instant que j’allais y passer parmi… les plus belles années de ma vie.
Des souvenirs, j’en ai à la pelle. Parmi les « grandes machines » de Michel Quertemont, les cross à travers Bernardfagne en compagnie de Jacques Gustin, les bains de minuit à la piscine, les soirées folles au bar des ainés, les châteaux de la Loire à vélo, j’en passe et des meilleurs, je choisis sans hésiter la super production cinématographique que nous avons tournée avec une poignée de rhétos dans les murs du petit séminaire. Une vague histoire de moinillons déjantés à la sauce Monty Python qui fut honteusement censurée par la direction à la suite de l’utilisation innocente –pour une inoubliable scène de magie à la chapelle des ainés- du calice (ou ciboire) d’ordination de l’Abbé Flas. Je n’ai jamais eu l’occasion de voir ce chef-d’œuvre mais j’ose croire qu’il est toujours en possession du caméraman et non moins ancien saint-rochi Marc Liégeois.


Robert Harzé, rh 70

Etaient-ils donc si bons profs pour que, comme plusieurs condisciples, je sois devenu prof de maths et que cette passion « bizarre » soit toujours intacte ?
Il est certain que des personnalités aussi « détonantes » que Guy Halin et Tintin Broers laissent des traces !
Bien moins sérieux : la fancy-fair d’octobre ! Mais c’est pourtant bien là que j’ai rencontré ma future épouse, Gaby Close, la sœur de Philippe . Nous sommes mariés depuis 35 ans !
1975…année inoubliable ! Le 30 juin Gaby décroche son diplôme de prof de sciences et moi celui de prof de maths.
Le 16 août nous nous marions et le 30 nous partons pour Constantine en Algérie. Nous avons été engagés par les Pères Blancs pour une durée de 2 ans. Notre volontariat, comme l’on disait à l’époque, commence par l’organisation d’un examen d’entrée pour plus de 200 jeunes ! Chacun d’eux espère être parmi les 80 élus à pouvoir commencer leurs études…secondaires !
Deux années passent vite…nous rentrons en Belgique, sommes un peu moins « jeunes mariés » et un peu moins « sans le sou » mais avec une bonne dose d’expérience !
Gaby va rejoindre le club des professeurs féminins de Saint-Roch et elle y retrouve (non pas dans le club mais à l‘école) les personnalités scientifiques qui ont marqué mes humanités: Paul Villers, Jacques Deweirdt, Pierre Colin…


Maurice DANS rhéto 60 (retraité… actif, évidemment !)
Le théorème de « Bernardfagne »

Enoncé. Lorsqu’un jeune poursuit le cursus des humanités à Saint-Roch, il en sortira éduqué et formé, presque préparé à entrer « dans la carrière (*)».
Hypothèse. 6 années d’humanités en internat, au « Petit Séminaire » (c’est tout dire !).
Thèse. Education et formation assurées, préparation à la carrière en bonne voie ...


Démonstration.
- Avant tout, mes humanités à Saint-Roch, ce sont des personnes, ce sont des maîtres. J’en retiens quatre dans le « lot » :
- L’abbé Nicolas, l’homme de cœur, l’homme de « la noble foi(*) », de l’ouverture aux autres et à l’Autre, rayonnant sa joie (cfr son chant de ralliement « Quand la 5ème est là, … »).
- La rigueur, le respect des échéances, l’orthographe, voilà quelques compétences que Charles Chalant inculquait à ses ouailles de 3ème. Ce qui ne l’empêchait pas de les ouvrir à la culture cinématographique et de se décarcasser pour leur dégotter des films (relativement) récents.
- Que dire alors de la rhéto ? Sinon que « John » (pardon Monsieur Jehenson !) se faisait un malin plaisir de plonger ses « étudiants » dans les réalités du Monde (comme les péripéties de l’indépendance du Congo). Quant à l’esprit de synthèse, les capacités d’argumentation ou encore le regard critique, « précieux héritage (*) s’il en est, rien de tel que les cours de latin, grec et français pour nous les faire acquérir.
- Monsieur Van Even (« Van Pitch » pour les intimes) avait un art consommé pour nourrir la flamme de ceux – j’en étais – qui osaient croire aux mathématiques durant des humanités gréco-latines. Je lui en sais encore gré aujourd’hui …

- Anecdotes, (petits) drames, histoires drôles ou moins drôles ont émaillé notre vie au quotidien. Quelques exemples (sans hiérarchie aucune) :
- Les matches de foot sur la cour de récré, où les joueurs de 5 ou 6 équipes différentes s’entremêlaient en se ruant vers le même goal ! Et les inter-collèges au cours desquels hisser haut les couleurs du nôtre était une grande fierté, n’est-ce pas Georges, René, Laurent, … !
- Le pèlerinage à Banneux – à pieds pour les grands – afin d’intercéder pour Willy que la médecine a considéré par après comme miraculé !


Rhéto 1950 : 60 ans déjà

C’est à la demande du Comité des Anciens que John Leyh, Pierre Dabin et moi-même avons écrit ces quelques lignes. Nous n’avons pas voulu ni osé produire une œuvre littéraire qui, de toute façon, n’aurait pu atteindre le niveau des merveilleux textes publiés récemment par notre prédécesseur de la Rhéto 1949 : Auguste Fourneau. Nous nous limiterons donc à rappeler quelques souvenirs dans le but de faire apparaître aux élèves d’aujourd’hui ce qu’était la vie à Saint-Roch et aux Anciens le désir de se revoir le 10/10/10.

A cette époque, Saint-Roch était un internat strict avec environ 300 internes et une trentaine d’externes ; le corps professoral était constitué de prêtres et de, seulement, 5 laïcs.
• La journée-type était approximativement la suivante :
- 6h du matin : lever au son de la cloche, 
- Toilette rapide et méditation à la salle d’étude, animée par le directeur de l’époque : le chanoine Tielen,
- Messe, déjeuner, trente minutes d’étude, brève récréation et formation des rangs pour les classes,
- +/- 4 heures de cours avec courte récréation intermédiaire,
- Repas de midi - en silence- pendant la lecture par un élève de Rhéto, suivi d’une longue récréation,
- +/- 2 heures de cours,
- Goûter, récréation, puis, longue étude surveillée, avec disponibilité des professeurs pour explications sur les cours de la journée,
- Souper et récréation, soit à l’extérieur, soit à la salle de jeux selon la météo,
- Prière du soir et coucher vers 20h 30.Il faut noter que 2 fois par semaine l’après-midi était consacrée à une longue promenade surveillée dans la magnifique nature environnante.


Un de la centième rhétorique


Déjà hélas la fin de la chronique de Paul, d’un rhéto 59 (la «presque» 100è), du Professeur émérite Paul Rouxhet. P. Villers nous en avait permis la découverte et elle s’est tout naturellement imposée à nous. Des lignes édifiantes qui ont favorisé un heureux écho en nous tous !

Une carrière d’« enseignant-chercheur-manager » est fréquemment accompagnée de responsabilités dans l’organisation de l’institution. J’ai ainsi été amené à en assumer au niveau du laboratoire, du département, de la faculté. J’ai également été amené à participer à la gestion au sommet de l’UCL, avec le titre de prorecteur, assistant du recteur en quelque sorte. Ce fut exigeant et parfois dur ; mais ce fut un privilège d’œuvrer de concert avec des personnalités exceptionnelles, alliant à des qualités intellectuelles et morales remarquables, un sens profond de l’humain. Leur contact m’a donné la chance de grandir au début de la cinquantaine, comme j’avais pu le faire autour de la vingtaine.
La vie de famille a également eu sa place. J’ai épousé une fille de Ferrières, dont la rencontre a été favorisée par le patro. Depuis 40 ans nous cultivons un art de vivre ensemble, le nôtre !! Nous avons 4 enfants et 9 petits-enfants dont l’âge va de 1 à 7 ans. Nos longues fiançailles avaient résisté à de longues absences (1 an aux USA, 3 mois en Ecosse). Peu après la naissance de notre premier enfant nous avons ensemble découvert un autre monde bien attachant, en passant 6 mois en Argentine. Depuis une quinzaine d’années, les vacances que nous prenons nous permettent de nous émerveiller devant la splendeur des montagnes, en entretenant la forme physique.


«Anecdoctes» ...
Vos maîtres…ils vous ont beaucoup donné : leur enthousiasme, leur savoir, leur sagesse, leur doute aussi ! Nous avions pensé que vous auriez aimé les retrouver…
Bis repetita ? Soit ! Avec le côté léger cette fois, si léger qu’il aurait pu vous échapper…même à vous !

Après l’abbé Michel Quertemont, Arnaud Bruyère, Freddy Léonard et Christian Jacquet, voici, pour notre plus grand bonheur, le bien nommé Richard Félix !

Professeur de français pendant 35 ans au difficile échelon qui vous fait passer de petit, tout de go à… grand, là où l’adolescent sait qu’il est adolescent et a tous les droits de l’être, Richard a laissé parler la magie du verbe.
Puis il a rendu vie à la « fancy-fair » nouvelle, à la fête à l’école en présidant gaiement un solide comité de lurons, chapeautant, au passage un cirque qui fut loin d’être une farce…avant de préparer le généreux terreau si propice à l’éclosion actuelle de tous les talentueux passionnés de théâtre, de spectacle et d’arts d’expression…
Nos muscles zygomatiques, enfin, se sont toujours prêtés avec une rare spontanéité à l’entraînement quotidien que leur prodiguait Richard ! Voici le moment venu de l’échauffement !

FELIX CULPA

D’un tiroir nostalgique, émergent deux photos. L’une, dentelée, floue et jaunie par les ans, laisse deviner un dru chevelu, craie en main, face à des ados d’un autre siècle ; ambiance monacale, par la fenêtre se profile un clocher. L’autre, d’une netteté numérique, montre un papy chenu monté par trois bambins; congestionné, cassé, au bord de l’asphyxie.
A bien y regarder, il s’agit du même homme. Incroyable, non ? L’auguste pédagogue, en posture si grotesque ! Quel crime a-t-il commis pour déchoir de la sorte ? Renseignements pris, aucun. Juste une peccadille, rançon inévitable d’un défaut de jeunesse : il a vieilli. Faute commune, ma foi, sort très ordinaire; de plus belles choses s’altèrent, qui non plus n’y peuvent mais : femmes, roses, vins de prix… Sic transit. Même Marquise vit ses charmes passer, je le dirai à Corneille.
- Et Luc ?
- Lui non, évidemment ! Mais il est l’exception qui confirme la règle.
- Quoi ? Tous mes anciens collègues, ces Apollons d’estrade, changés en doux gagas ?
L’image m’a réjoui.
A l’heure tardive où, larme à l’œil et goutte au bout du nez, je tape laborieusement cette confession intime, je me délecte à évoquer mes frères en sénescence à quatre pattes sur leurs tomettes pour le plaisir des descendants. Aboyant, bêlant, rugissant, hennissant… Comme je le fais lors des après-panades. Qu’importent tour de rein, vase cassé, inquiétude de mamy !


Les destins se croisent, nous laissant nous, spectateurs médusés !
Textes, photos, mots, images tout confondus nous le rappellent...


Thomas Verschoore, rh 2001

Cher Tomm, c’est donc pour toi que nous revient la triste tâche d’écrire ces quelques mots que nous voulons avant tout inspirés par les moments heureux passés avec toi.

Tu étais toujours le premier à te diriger vers les autres, toute rencontre étant l’occasion d’une nouvelle aventure. Ton sens de l’humour ne te faisait jamais défaut.

Intelligent sous des airs de dilettante, tu t’impliquais dans de nombreux projets comme ton groupe «Slashdot and the peanuts» où tu exerçais tes talents de bassiste et même de chanteur.

Chaque épisode était l’occasion de vivre ta vie pleinement. Spontané et peu conventionnel, on pouvait se demander de quelle manière tu allais encore pouvoir nous surprendre. Ta présence était ainsi l’occasion de rendre un moment monotone inoubliable.

Ton départ laisse un grand vide mais chaque souvenir, chaque photo nous rappelle pourquoi tu étais unique et les raisons pour lesquelles nous ne t’oublierons jamais. Salut l’artiste !

Grégory Paul et Geoffrey Ninane , rh 01


Frédéric Frankinet, rh 89


Salut à toi Kèkè,

Maintenant, tu dois bien te fendre la gueule là où tu es avec les Arnauld Brouwers, Pierre Doumen, Alain Goblom, Pierre Otto, Antoine Charrue, Christophe Vanhex, Youri Cambier et autres en vous rappelant toutes les conneries que vous avez pu commettre lors de votre passage à Bernardfagne.

Comme je le disais lors des retrouvailles à Saint-Roch à tous les professeurs et anciens présents, tu nous a quittés mais nous avons tous encore le son de ta voix, de ton rire et une multitude d’images et de souvenirs de toi dans notre tête.

Aujourd’hui, j’ai tout particulièrement une pensée pour Séverine, ton épouse, pour Antoine et Martin, tes deux petits bouts, pour ta maman et pour tous les proches pour lesquels ton départ brutal laissera un grand vide.

Avec les défauts et toutes les qualités inhérents à tout un chacun, j’aime dire que tu es quelqu’un de bien.
Je suis heureux d’avoir pu croiser ta route et d’avoir fait un bout de chemin avec toi.

A bientôt l’ami.
Avec toute mon affection.

Kim, rh 89

Gérard Gihousse, rh 66

C’est vrai que la brièveté que nous recommandent Les Echos, cela doit t’aller, Gérard! Toi qui ne tenais jamais en place et étais toujours pressé !
Ma première image ? Tu grelottais, en manches courtes dans notre froide cour de récré car tu voulais imiter Jacques Warnier !
Remarquablement discret quand tu aidais quelqu’un et Dieu sait si tu l’as fait souvent ! Même tes derniers moments ont été empreints de ces deux choses, occupé et aidant…
GIKADER…le groupe vocal que tu avais formé avec Francis Mulder et Joseph Arki pour laisser libre cours à toute votre créativité !
La soirée St-Nicolas, organisée par les rhétos! La trigono t’était venue en aide pour agencer la scène et régler le spectacle !
Octobre 1966…tu entres au Séminaire d’Amérique Latine à Leuven ! Avec Jean-Marie Simon nous décidons de te rendre visite. Jean Rey, politicien très en vue, nous charge en stop et le tout se termine par une très longue et très agréable conversation, tous ensemble et qui frappe M Rey !
Puis tu changes d’orientation et deviens assistant social où tu fais les beaux jours de la commune de Ganshoren !
Par le meilleur de toi-même, y compris tes parts d’ombre tu rejoins tout ce qu’il y a d’universel en nous ! Mais nous savons tous aussi, que ton jardin secret était bien…secret !
Adieu l’ami !
Jean-Luc Lepièce !
rh 66

Robert Bosard

Voilà bientôt un an que Robert BOSARD nous a quittés. Beaucoup se souviennent sans doute encore de celui qui, plusieurs années durant, a donné des cours de judo à Saint-Roch en tant qu’activité extrascolaire. Tous ceux et celles qui l’ont croisé ont été, je pense, d’une façon où d’une autre, marqués par lui. Quel personnage !

Qui ne se souvient pas de son franc-parler et de la force avec laquelle il exprimait ses opinions, quitte à heurter l’une ou l’autre personne au passage… C’est que Robert était un homme entier. J’ai eu la chance de le connaître durant plusieurs années au club de judo de Sprimont, club qu’il a lui-même fondé. Quand je pense à Robert, je pense avant tout à cet homme passionné. Celui qui a donné sa vie pour sa passion, le judo. Pendant des années, il ne fut pas un jour où on ne le trouvait pas sur un tatami à transmettre sa passion. C’était un travailleur rigoureux, un perfectionniste. Quelqu’un qui lisait, observait, s’instruisait constamment, fidèle à la devise qui trônait au club : « Celui qui renonce à devenir meilleur cesse déjà d’être bon».

Mais Robert, c’était avant tout un homme de cœur. Une personne qui donnait sans compter et qui, derrière ses airs durs, cachait une énorme sensibilité. Je me souviens d’avoir été plusieurs fois troublée quand, en parlant avec lui, je voyais les larmes lui monter soudainement aux yeux. En parlant avec d’autres qui l’ont connu, je sais que nombreuses sont les personnes qui ont été marquées par lui de cette façon. Avec Robert, j’ai compris que faire du judo était bien plus que prendre son sac pour aller s’entraîner. C’est un art de vivre qu’il transmettait. Moi comme tant d’autres lui sommes infiniment reconnaissants pour tout ça. Merci Robert.

D. Lecoq, rh 02 et professeur de langues à St-Roch



La revue de presse de M. Paul Villers

Le rebelle

Première école secondaire «alternative» en Communauté française, l’école nomade de Limerlé accueille une soixantaine d’élèves, dont quarante en internat.
S’inspirant d’expériences étrangères, soutenue par l’Université de Liège, ce laboratoire pédagogique s’adresse à un public qui a tourné le dos à l’enseignement traditionnel. Profs et élèves y sont mis sur pied d’égalité, tout est à inventer ensemble. Désir d’apprendre, autonomie, respect mutuel, autorité réciproque, confiance, participation, démocratie, décloisonnement des matières, exploration de chemins d’apprentissage nouveaux sont au cœur du projet pédagogique. On veille à respecter le rythme de chacun, ses compétences, ses besoins. Utopie? Peut-être. Cependant, la ministre SIMONET, venue se rendre compte sur place, soutient ce projet-pilote qu’il s’agit d’accompagner tout en ne le dénaturant pas avant de faire une évaluation finale après quelques années.
Cette autogestion et la liberté de cette structure ont, selon certains riverains, conduit à des dérives. Plainte a été déposée dénonçant des délits de vols ou faits liés à la détention de drogues. Alors, on a fait donner la cavalerie. Une vingtaine de policiers accompagnés de chiens renifleurs sont descendus sur les lieux. Le cours de français de Benoît TOUSSAINT (rhéto 82) a été interrompu manu militari. Il aurait refusé d’obtempérer aux injonctions et se serait révolté. D’où sa comparution devant le tribunal correctionnel de Marche pour outrage et rébellion. Le soutien de toute la communauté de l’école n’a pas empêché une condamnation à huit jours de prison avec sursis. Le Tribunal veut ainsi marquer «le mauvais exemple montré à ses élèves à qui il doit inculquer le respect» et «l’inciter à une réflexion rédemptrice»….
Justice «sédentaire»? Malgré la légèreté de la peine, le prévenu a interjeté appel.


Et bien ! Participez maintenant

Chaque début de semaine, la «Libre» ouvre ses pages à un dossier consacré à l’enseignement.
Au menu du 4 janvier, les «Conseils de participation» (CP), obligatoires dans chaque école et réunissant représentants du P.O, de la direction, du personnel et des élèves. L’objectif visé est de créer un outil de démocratie participative, de partage de l’information, d’apprentissage de la citoyenneté et de communication entre acteurs de l’école.
Les avis sont partagés sur la mobilisation effective et les vertus de cette forme de participation. Michel NOIRHOMME, ancien professeur de mathématiques 72-92, directeur très apprécié du premier degré autonome Ste Julie de Marche, est, lui, emballé par la formule. Il souligne le dynamisme des élèves qui entraîne alors celui des parents. Depuis dix ans, les CP successifs ajustent des indicateurs aux quatre priorités du projet d’établissement. Il estime que la clé du succès tient en trois points:
1. la spontanéité des jeunes, moins inhibés que leurs aînés ;
2. une mise en œuvre des propositions émises ;
3. une culture du débat propre à l’école.



Un élément de solution à la crise ?

Le 14 janvier, le roi Albert II est venu manifester son intérêt aux projets soutenus par la Fondation Roi Baudouin visant à aider les jeunes à reprendre confiance et (ré)intégrer le marché de l’emploi.
Le projet wallon Skillsbelgium, placé sous la houlette de Francis HOURANT (4ème, 76) vise à la promotion et la valorisation des métiers manuels et techniques. Francis HOURANT, fils de Hervé (rh 44), frère de Jean-Luc (professeur 93-09) et Pierre (rh 88), est également échevin PS d’Anthisnes et a été Directeur de Cabinet du Président du Parlement Wallon.
Skillsbelgium est partenaire du «Mondial des métiers», véritable «jeux olympiques» mondiaux des métiers techniques et manuels se mesurant dans diverses disciplines aux normes internationales les plus exigeantes.
Ces jeunes sont sélectionnés lors de concours régionaux qui se tiennent dans la cinquantaine de pays membres de WorldSkills. En 2012, l’organisation de la compétition européenne a été confiée à la Région Wallonne et se déroulera dans le site exceptionnel du circuit de Spa-Francorchamps.
Pas surprenant si l’on sait que Francis fut aussi gestionnaire du site de l’Abbaye de Stavelot.


Nouvel îlot d’entreprises

Une zone d’activités économiques de 2,5 ha vient de voir le jour à Olne. Ce projet, initié par la Spi +, devrait accueillir une vingtaine d’entreprises liées à l’artisanat et à l’industrie légère.
Le village est classé parmi les plus beaux villages de Wallonie. Aussi, une charte urbanistique a-t-elle été rédigée, avec contraintes architecturales de façon à obliger au respect de la qualité de vie des riverains et de l’environnement existant. C’est ce qui a été souligné par le bourgmestre Ghislain SENDEN (rh 69) lors de la cérémonie d’inauguration expliquant que le temps et le dialogue avaient eu raison des craintes manifestées par le voisinage.



Parlementaire oublié

Une «Revue de presse» précédente évoquait les Anciens ayant occupé ou occupant un siège parlementaire : Pierre CLERDENT, Freddy LEONARD, Marc TARABELLA, Vanessa MATZ.
L’un d’entre eux et non des moindres, Georges FLAGOTHIER (école moyenne 48) avait cependant été oublié. D’abord chauffeur d’autobus et employé des Mutualités Chrétiennes, il devient conseiller communal de Sprimont en 1959 et occupe le maïorat de la commune de 1971 à 1992. Travailleur acharné, on le rencontre dans les cabinets des ministres Grafé, Van Aal, Servais, Nothomb. De 1977 à 1995, il siège soit au Sénat, soit au parlement Wallon.
On le retrouve également à la présidence de l’Intercommunale des Œuvres médico-sociales d’Ourthe-Amblève qui gère l’hôpital d’Esneux, de la Fédération des Mutualités Chrétiennes de la province de Liège, de l’Union Chrétienne des Pensionnés, de la Fabrique d’Eglise de Sprimont.
Rares sont ceux qui peuvent se vanter d’une vie aussi richement et densément remplie !

Maïeur surprise

Première surprise à Comblain-au-Pont: le bourgmestre présente sa démission. Deuxième étonnement : le premier échevin refuse de ceindre l’écharpe maïorale et, selon la nouvelle loi communale, est «rétrogradé» au rang de conseiller. Le second dans l’ordre de succession, Jean-Christophe HENON (rhéto 92) accepte la responsabilité. Ouf !
Instituteur de formation, le nouveau bourgmestre a obtenu, en 2008, une licence en sciences politiques, économiques et sociales à l’UCL. Employé au Centre hospitalier chrétien de Liège, il pratique le VTT et a entraîné le club de basket. Il est aussi passionné de lectures historiques.
Conscient de ses nouvelles responsabilités, le Comblinois embrasse sa nouvelle carrière avec enthousiasme et motivation. Bon vent !

Jésus crise

C’est le titre accrocheur de l’enquête menée par un grand quotidien de la capitale «vespéralement neutre» à l’occasion de la désignation du nouvel archevêque.
Paroisse-témoin du monde rural : Fraiture-en-Condroz qui n’échappe pas à la chute vertigineuse de la pratique religieuse même si on y note que le chiffre des baptêmes et funérailles reste plutôt stable comme si l’entrée et la sortie de la vie nécessitaient encore un espace de convivialité donnant à l’évènement sens et spiritualité.
L’organiste et ancien instituteur Georges FILEE (rh 44) ouvre l’album paroissial pour décrire cette période révolue aux senteurs d’encens et de soufre, marquée par la ferveur et la dévotion, le rigorisme et les rituels… De la naissance au décès, chacun était embrigadé dans les «piliers» qui couvraient tous les aspects de la vie sociale : école, mouvements de jeunesse, mutuelle, syndicats, hôpitaux, partis…. Tous avec un sigle terminé par C. Il garde cependant une certaine nostalgie de l’époque. C’était rassurant, joyeux, animé, confortable aussi.
L’ancien vicaire dominical Michel REGINSTER (rh 51) situe les moments de rupture et en analyse les causes. Les années 60’ marquent le début d’une inexorable érosion parce que l’Eglise n’a pas su s’adapter à la transformation du monde et à l’évolution des mœurs. Diagnostic confirmé sans ambages par d’autres partcipants.
Lueur d’espérance quand même à travers l’expérience menée par l’abbé René ROUSCHOP, ancien animateur des retraites du collège, qui organise dans son prieuré de Scry, conférences et débats, pour tenter modestement en retournant au message premier, de réinventer de nouvelles façons de croire, de vivre, de prier qui se substitueront à la moribonde «civilisation paroissiale».
Veni creator spiritu !









Mathieu Bonten, rédacteur des Echos de Bernardfagne
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